• La Bête (1997)
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“Ce spectacle fantastique, aux sens propre et figuré, présenté seulement deux soirs au FIND et à quelques reprises en tournée provinciale ainsi qu’à New York, est un feu d’artifice flamboyant, d’une riche variété et d’un langage chorégraphique encore une fois inlassable au regard. Impossible de tout y embrasser par l’esprit, tant les nombreuses séquences y sont des propositions intenses, hétérogènes dans leur propos. La signature de Ginette Laurin, reconnaissable entre mille, n’y masque en rien l’apport significatif d’un Axel Morgenthaler, toujours aussi inventif et suggestif dans ses éclairages sombres, captivants, contrastés et colorés au besoin. Jean Derome, avec une création musicale originale qui rappelle d’autres spectacles de Laurin, entre bien dans l’esprit forain du spectacle. Par exemple, au début, la musique suggère l’installation d’un cirque ambulant. Mais la danse demeure première, qu’elle se coule dans la musique ou qu’elle aille en marge de celle-ci, dialoguante ou silencieuse. Car les choré- graphies de Laurin sont toujours autonomes, profondément cohérentes en ellesmêmes, assez puissantes pour réveiller un 137 flot de propositions spirituelles. C’est pourquoi elles s’ouvrent sur le langage d’autres artistes, comme le texte – la prose poétique d’Eric Taillefer7 – et la théâ- tralité des costumes – en soi tout un superbe travail de variations – de Luc J. Béland. Le titre anglais le souligne bien : The Beast Within.

Pour accentuer cette maturité de la danse, ce sont les interprètes qui ont choisi leur personnage et trouvé leur gestuelle. Ce travail collectif de jeu de rôles mène la danse aux limites du désordre, de l’improvisation et d’une somme d’explorations physiques, à la fois dramatiques et animales, instaurées par Laurin (est-ce elle, la bête ?). Carole Courtois, en lutine, y éclate de sensualité ; Marie-Claude Rodrigue, inquiétante Crépuscule, y touche l’animalité ; Chi Long, femme-lion, y capte une essence de femelle ; Mireille Leblanc, sorcière, agite l’atmosphère de conte qui habite ce monde de cirque. Quant à David Rose et Donald Weikert, ils se mêlent à cette horde clownesque en ajoutant une touche élisabéthaine à ce théâtre tantôt débridé, tantôt hiératique8 . Sylvain Lafortune, dans son personnage hautement poétique de gentil chasseur, révèle une douceur contrastante, invitante, qui permet au spectateur d’entrer avec son cœur d’enfant dans ce monde d’angoisse, de joies étourdissantes et d’émotions sans fin.”

Massoutre, G. (1998). Montréal cosmopolite : L’automne 1997 en danse. Jeu, (87), 128–138.

Année de création :
1997

Chorégraphie :
GINETTE LAURIN

Interprètes :
ANNE BARRY, CAROLE COURTOIS, MÉLANIE DEMERS, KENNETH GOULD, SYLVAIN LAFORTUNE, MIREILLE LEBLANC, CHI LONG, ANNA RIEDE, MARIE-CLAUDE RODRIGUE, DAVID ROSE, DONALD WEIKERT

Répétiteur :
RAYMOND BRISSON

Lumières :
AXEL MORGENTHALER

Traitement sonore et musique :
JEAN DEROME

Textes :
ÉRIC TAILLEFER, ROBERT RACINE

Scénographie :
GUILLAUME LORD

Costume :
LUC J. BÉLAND

Maquillage et coiffure :
ANGELO BARSETTI

Coproducteurs :
O VERTIGO AVEC LA PARTICIPATION DU MOUSONTURM (FRANCFORT, Allemagne), SCHOUWBURG (ARNHEM, PAYS-BAS) ET USINE C (MONTRÉAL, CANADA)

AVANT-PREMIÈRE : 25 JANVIER 1997, THÉÂTRE MUNICIPAL (SCHOUWBURG), ARNHEM, PAYS-BAS